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Réaménager la dette bancaire de son exploitation pour redonner du souffle à la trésorerie

Le réaménagement de la dette bancaire des exploitations agricoles permet de donner une bouffée d’oxygène à des trésoreries exsangues après plusieurs mois de crise du lait. Des mesures existent pour permettre aux éleveurs laitiers de restructurer leurs prêts à moindre coûts. Notamment, un dispositif mis en place par l’État et dont l’éleveur a jusqu’au 31 mars 2017 pour bénéficier. Le point avec Lait Solutions.

Face à la chute du prix du lait, comment les producteurs laitiers peuvent-ils retrouver une marge de manœuvre et redonner du souffle à leur trésorerie ? Refaire le point sur l’état de l’endettement de l’exploitation peut être une façon de s’adapter : quelle est sa nature ? Est-il à court ou long terme ? Quelle est sa durée ? Comment vont évoluer les annuités ? Ces indicateurs vont permettre de poser un diagnostic et de choisir la formule la plus adaptée.

Des solutions à court terme

L’augmentation de l’ouverture de crédit, les prêts à court terme ou les dettes fournisseurs sont des solutions à court terme. Mais, bien souvent, cela ne permet pas de régler le fond du problème.
Si l’organisme financier l’accepte, mieux vaut opter pour un réaménagement de la dette bancaire. Il s’agit d’actionner les clauses de modulabilité des emprunts en cours ou de regrouper des prêts pour les étaler sur une durée plus longue… Et comme les taux d’intérêts sont encore faibles en ce moment, c’est aussi l’occasion d’une renégociation, rare en agriculture, mais qui constitue une attente forte de la profession.

Une année blanche

Dans le cadre du Plan de soutien à l’élevage français, les producteurs laitiers peuvent être exemptés (totalement ou partiellement) du remboursement de prêts bancaires durant 12 mois, dans le cadre du dispositif « Année blanche ». Il s’agit d’une prise en charge partielle des coûts liés à la restructuration des prêts. En clair, les opérations visant à diminuer le montant des annuités à venir :
– la consolidation (remplacement de prêts existants par de nouveaux prêts)
– le réaménagement (modulation des échéances et modification de la durée du prêt, année blanche)

Le réaménagement de la dette bancaire vise à rééquilibrer durablement un budget en rassemblant divers crédits en un seul prêt consolidé dont la mensualité sera moins élevée. Mais avant de se lancer dans une demande de réaménagement de ses emprunts à long et moyen termes, l’éleveur laitier devra préparer ses arguments pour être entendu favorablement par le banquier. En effet, il lui faudra être convaincant sur l’analyse du risque.

L’État précise :

Le coût généré par la restructuration de l’endettement doit être réparti de manière équilibrée entre la banque (1/3), l’État par le Fonds d’allègement des charges (FAC) (1/3) et l’éleveur (1/3). Le montant minimal de la prise en charge ne peut pas être inférieur à 500 € par exploitant (application de la transparence pour les Gaec).

La demande est à faire auprès de la DDTM (Direction départementales des territoires et de la mer) dont dépend l’exploitation, avant le 31 mars 2017.
A noter : cette aide nécessite l’accord préalable de la banque pour la restructuration bancaire. La demande à la DDTM doit comporter le formulaire Cerfa (PDF) complété des données comptables et des annexes. Certaines de ces annexes sont à remplir par l’établissement (Notice en PDF).
Ces deux dispositifs FAC sont soumis au régime des aides de minimis.

Réaménagement de dette bancaire, cas pratique

M. Leblanc et Mme Petit sont en Gaec avec 680.000 litres de lait et 90 vaches laitières et la suite.
Entre leurs deux derniers exercices comptables, le prix du lait a baissé de 70 €, impactant fortement l’excédent brut d’exploitation (EBE).
La trésorerie est tendue et les délais de paiement fournisseurs s’allongent, ce qui augmente le taux d’endettement à court terme.

Réaménagement de dette bancaire

Réaménégement de dette bancaire-situation

Une situation financière fragilisée par la crise

Au Gaec Leblanc-Petit, la crise a fragilisé rapidement et fortement la structure financière de l’exploitation, pourtant saine jusqu’à présent. Les annuités restent encore élevées sur les trois prochaines années, avant de diminuer sensiblement à partir de 2019. Avec un prix du lait dégradé, l’EBE qui représente la ressource financière de l’exploitation couvre encore les annuités mais ne permet plus de dégager suffisamment de trésorerie disponible pour les besoins de prélèvement des deux associés. Inutile, dans ce cas, d’évoquer la possibilité d’avoir une marge de manœuvre ou de l’autofinancement.

Des solutions à long terme

Cela génère donc des soucis de trésorerie qui se répercutent sur la structure du bilan. L’impact est notamment visible sur les dettes à court terme qui progressent. C’est un marqueur fort des difficultés financières. Mais les solutions à court terme peuvent être très coûteuses en frais financiers.
Alors, si la pression financière des emprunts en cours semble trop forte, deux possibilités peuvent s’avérer utiles : la modulation ou la restructuration de la dette.

Simulation de réaménagement de dette bancaire

Réaménagement de dette bancaire-tableau de prêts

Au regard des tableaux d’annuités sur les prochains exercices, la pression des annuités est plus forte en 2017 et 2018. L’escalier des échéances bancaires diminue ensuite par palier. Il faut donc redonner un nouveau souffle à la trésorerie en année N et étaler la dette ensuite.

A faire

1. Négocier la restructuration des trois prêts concernant les bâtiments et le hangar. Il faut, dans ce cas, faire racheter le capital restant de 59.000 € et le financer par emprunt sur 8 ans à 2,5 %.
2. Moduler l’échéance du prêt pour la salle de traite en ajoutant cette échéance à l’issue du prêt initial, c’est-à-dire en 2023.

Réaménagement de dette bancaire

L’analyse

Actionner les leviers sur les prêts LMT (long et moyen termes) donne un coup de pouce à la trésorerie sur l’année 2017. Couplé avec une embellie de conjoncture, cela contribuera à améliorer plus rapidement la situation financière de l’exploitation. Seul bémol, le rallongement des échéances, même si le niveau des annuités en N+5 permet d’envisager assez sereinement de nouveaux investissements. La limite du report d’annuité est la réduction de la capacité à emprunter dans le futur.

Le conseil de Terre de Compta, pour Lait Solutions

Le réaménagement bancaire comme moyen de gérer la dette d’exploitation peut être envisagé à tout moment, quand des problèmes de trésorerie surviennent, liés à la conjoncture et à une pression d’endettement trop forte. Beaucoup s’y intéressent, aujourd’hui, car « l’argent » a rarement été aussi peu cher. Ainsi, nombreux sont les exploitants à vouloir, comme les particuliers pour leur crédit immobilier, restructurer les prêts sur une durée plus longue mais avec des taux d’intérêts plus faibles.

Terre de Compta, premier cabinet d’expertise-comptable en ligne dédié au milieu agricole, est le partenaire de Lait Solutions pour vous apporter le meilleur service. Découvrez l’offre comptabilité et gestion.