Mise à l'herbe

Début de la mise à l’herbe des vaches laitières : les précautions à prendre

L’hiver 2016-2017 aura été moins pluvieux que les hivers précédents. La portance des sols est donc meilleure et propice à une mise à l’herbe précoce des vaches laitières. Mais le démarrage de la saison du pâturage ne s’improvise pas. En effet, l’éleveur doit prendre certaines précautions pour réussir cette étape transitoire importante pour la productivité du troupeau. Lait Solutions revient sur les points de prévention nécessaires à une bonne mise à l’herbe des vaches laitières.

LE DÉPRIMAGE DES PÂTURES

Le déprimage correspond à une phase de pré-pâturage. Il s’agit de faire consommer l’herbe âgée qui a poussé pendant la saison hivernale et de stimuler le démarrage de la végétation. Autre avantage, le déprimage nettoie les parcelles après l’hiver. Ainsi le tallage pour une repousse feuillue et l’apparition de nouveaux stolons sont-ils favorisés. Cela permet au trèfle de se développer.

Ce déprimage peut être réalisé par les vaches laitières sur de courtes durées (de 2 à 4 heures par jour) ou encore par des animaux plus légers (des génisses de 1 à 2 ans). Il est important que le sol ait une bonne portance pour ne pas endommager le pré. Pour préserver les sabots des vaches, l’éleveur peut aussi programmer un parage préventif du troupeau, avant le début du pâturage.
Enfin, l’éleveur pourra prévoir une entrée et une sortie différentes pour éviter le piétinement du terrain.

Attention : Pour réussir la saison d’herbe et tenir jusqu’à novembre, l’éleveur doit impérativement éviter le surpâturage en début de saison car cela pénalisera la pousse. Il doit donc faire tourner le troupeau d’une parcelle à une autre sans que la hauteur de sortie soit trop basse ni trop haute. Il faut viser 4 cm.

MISE À L’HERBE PROGRESSIVE ET RATION : ATTENTION À LA TRANSITION

Pendant tout le temps qu’aura duré l’hiver et qu’elles seront restées en bâtiment, les vaches auront consommé principalement du fourrage stocké (ensilage maïs/herbe, foin, etc.). L’éleveur doit donc être particulièrement attentif : la mise à l’herbe doit se faire de manière progressive afin d’assurer une transition alimentaire en douceur.

Une fois le déprimage passé, les vaches vont consommer de l’herbe jeune. C’est-à-dire une herbe riche en azote fermentescible, en eau et en énergie. Cette herbe jeune est globalement un très bon produit pour produire du lait, équilibré en azote et en énergie, mais pauvre en fibres. Les vaches auront donc tendance à bouser mou, leur transit sera plus rapide. Il faudra donc apporter des fibres à la ration, en donnant du foin ou de la paille pour ralentir le transit des vaches.

Avec l’herbe jeune, le taux d’urée dans le lait augmente. C’est normal. Cet indicateur sera un repère pour prendre les bonnes décisions quant à la complémentation de la ration : apport d’énergie sous forme de maïs grain ? Apport d’azote tanné ?

Le bon geste : il faut augmenter progressivement le temps de sortie des vaches laitières sur deux à trois semaines. Les premiers jours, l’éleveur doit veiller à ce que les vaches sortent en pâture sans avoir le ventre vide.

LES VARIATIONS DE MÉTÉO

Si la météo se dégrade (froid, pluie et vent), le rythme de sortie des vaches laitières au pâturage sera perturbé. Cela peut avoir un effet négatif sur la qualité du lait (augmentation des cellules somatiques) et entraîner des mammites.

UNE PÉRIODE PROPICE À LA TÉTANIE D’HERBAGE

L’herbe jeune est riche en eau, en azote soluble et en potassium. Par contre, elle est pauvre en magnésium et en cellulose. Les vaches laitières qui consomment cette herbe jeune sont donc exposées au risque de la tétanie d’herbage, même si cette maladie n’est pas fréquente. Il s’agit d’une mauvaise valorisation du magnésium par les vaches, ce qui entraîne une carence. Cela provoque une tétanie musculaire et peut même entraîner la mort de l’animal (dans 1 à 3 % des cas). L’éleveur peut agir préventivement en donnant 50 g d’oxyde de magnésium par vache, tous les jours pendant trois semaines avant la mise à l’herbe.

Autre facteur de risque : un pâturage par temps pluvieux et froid. Les vaches laitières brûlent leurs réserves pour maintenir leur température, ce qui consomme du magnésium. Là encore, l’éleveur peut agir de manière préventive en organisant une mise à l’herbe progressive.

Le bon geste : il faut alimenter le troupeau, le matin, avec un ¾ de ration de maïs. L’éleveur sortira les vaches l’après-midi.

MISE À L’HERBE : UN ENJEU ÉCONOMIQUE

L’herbe pâturée représente un fourrage bon marché et, si elle est au bon stade, il est possible de faire l’économie du correcteur azoté. Ainsi bien réussir sa mise à l’herbe permet-il la maîtrise du coût alimentaire. En effet, 5 kg d’herbe jeune, de bonne qualité, ingérés par une vache laitière, c’est autant de maïs économisé + 1 kg de correcteur azoté en moins, soit 15 à 20 € d’économie sur la production de 1.000 litres de lait.

L’OFFRE DE LAIT SOLUTIONS

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