Mise à l'herbe

Comment bien gérer les conflits au sein de votre exploitation ?

Dans toute entreprise, des divergences peuvent apparaître. Pour éviter que les conflits avec des fournisseurs, l’administration ou vos associés ne tournent au conflit, il est important de mettre en place des compromis.

En cas de conflit commercial

La nature d’un conflit commercial peut avoir plusieurs origines : un dépassement de délai ou une défaillance technique sont des éléments qui portent en eux les germes du conflit.
Il relève donc le plus souvent d’une mauvaise exécution voire d’une inexécution des obligations d’une des parties. Dans tous les cas, faites référence au contrat, écrit ou tacite, car c’est lui qui fait référence.

Le contrat fait référence

Le contrat définit les obligations de chacune des parties. Si vous pensez être dans votre bon droit, reste à déterminer les responsabilités et surtout à les faire accepter.

Les preuves doivent être à ce stade rassemblées au plus vite. Selon la nature du désaccord, il peut être opportun de faire intervenir un expert indépendant. A défaut de preuves, toute tentative de réparation sera vaine.

Recherchez un arrangement amiable

Un conseil : avant d’engager une procédure judiciaire souvent longue, coûteuse et à l’issue incertaine, mieux vaut rechercher un règlement amiable.

En effet, le fournisseur ou le client n’a pas intérêt, pour des raisons à la fois économiques et commerciales, à s’engager dans une démarche contentieuse. A défaut d’accord amiable, la consultation d’un avocat constitue l’étape suivante. Il apportera un avis sur les chances de voir aboutir favorablement la demande. Dans une procédure judiciaire, l’intervention de l’avocat, si elle n’est obligatoire, est dans les faits impérative. Il faudra donc payer avant d’espérer être indemnisé du préjudice.

En cas de conflit avec l’administration

C’est ici la référence au droit qui s’impose. Face à une réglementation de plus en plus complexe, les situations conflictuelles peuvent se multiplier.
Nul n’étant censé ignorer la loi, chacun peut donc s’en prévaloir pour défendre son point de vue.

Des dispositifs complexes

La difficulté réside surtout dans l’incroyable complexité de ces dispositifs. Le risque d’erreur d’interprétation ou d’omission est important si vous n’y prêtez pas attention.

Il ne faut pas hésiter à faire valoir votre position et vos arguments dès lors, bien sûr, que les obligations sont respectées. La peur du gendarme opère encore et l’administration en use parfois pour faire valoir sa position. Il faut pourtant reconnaître qu’elle sait aussi parfois faire preuve de souplesse, l’essentiel étant au minimum de prouver sa bonne foi.

En cas de conflit entre associés

La plupart des conflits entre associés sont liés à des problèmes de communication. Jouez
la prévention pour éviter les désagréments.

Jouez carte sur table

Le plus souvent, on pêche par omission. Les aspects techniques sont souvent abordés avec rigueur. En revanche, ce qui relève de l’économique, financier, sociaux et fiscaux sont parfois mal compris.

La lecture attentive des coûts de production permet de balayer tous les postes de charges et de produits donc d’apprécier la rentabilité de l’entreprise. Pour ce qui concerne le financier, le détail des engagements et les garanties qui y sont liées, doivent être détaillés.

Veillez aussi à bien décoder les mécanismes fiscaux “ à retardement ” tels que les déductions fiscales pour investissement, les décotes sur stocks et les moyennes triennales qu’elles soient fiscales ou sociales.

Entendez le point de vue de l’autre

Quand la conjoncture est incertaine et que la surcharge de travail tire sur l’organisme, chacun peut vite s’emporter. Il faut donc dans tous les cas reprendre la discussion à tête reposée, s’appuyer sur des faits et non pas sur des opinions. Surtout, ne pensez pas que le temps va arranger les choses car c’est souvent l’inverse qui se passe.

La souplesse de caractère n’étant pas donnée à tout le monde, il faut parfois forcer son tempérament et savoir se remettre en cause, reconnaître ses torts.

Échangez régulièrement

Une bonne organisation est le meilleur garant d’une bonne communication. Prévoyez un lieu de rencontre, un moment spécifique pour faire le point sur la semaine passée et à venir, est un excellent moyen pour éviter les désaccords.

Si le règlement intérieur définit les règles de fonctionnement dans les grandes lignes, c’est souvent dans le travail au quotidien que naissent les conflits. Un “ livre de bord ” qui consigne les questions et les décisions prises, consultable par tous les associés à tout moment, évite bien des incompréhensions.

Transmission : recherchez l’équité

On ne transmet son exploitation qu’une seule fois, donc il vous faut gérer le mieux possible cette phase particulière.

La présence d’enfants qui ont quitté le milieu agricole n’est pas toujours facile à gérer. La question de l’évaluation de l’exploitation concentre toutes les attentions. Si un enfant reprend l’affaire, son intérêt est d’évaluer l’exploitation au plus juste afin de garantir l’équilibre de la situation financière donc la viabilité de l’entreprise. Cette position est souvent difficile à faire accepter. La reprise familiale constitue pourtant une opportunité pour tous car c’est le meilleur moyen de valoriser le patrimoine familial. Les parents étant les garants de l’équité, ils ont intérêt à prendre l’initiative et tenir bon le cap sans céder aux pressions. Là aussi, il est important d’y réfléchir assez tôt pour connaître les intentions de chacun. Menez cette réflexion à partir de 50 ans : cela permet de construire la bonne trajectoire, d’arbitrer les scénarios et d’optimiser les prélèvements.

Le conseil de famille, s’il ne résout pas tout, permet la rencontre de toutes les parties et donne occasion à chacun de s’exprimer.

Avec ces quelques conseils, vous pouvez anticiper et gérer de nombreuses situations de conflits.

Besoin d’être accompagné face à un contentieux ? Contactez l’un de nos experts Lait Solutions