Changement climatique et COP23 : quel impact sur l’agriculture ?

Réunis à Bonn pour la COP 23, les 196 états présents ont pris conscience que la limitation des émissions des gaz à effet de serre dans l’atmosphère ne pourra se faire sans la participation active du secteur agricole. La COP23 s’est tenue à Bonn, du 6 au 17 novembre 2017. Au terme de cette conférence et après d’âpres négociations, les états participants se sont mis d’accord sur une proposition de programme de travail sur l’agriculture. Ce programme traitera aussi bien des questions techniques de réduction des émissions de gaz à effet de serre que de la mise en œuvre de la transition agricole et des moyens associés.

En France, un engagement déjà mis en œuvre

La France, ainsi que la plupart des pays membres de l’Union Européenne, ont déjà mis en place des programmes volontaristes, afin de limiter les émissions carbone ou favoriser le stockage dans les sols.

Dans ce cadre, la France s’engage dans une économie bas carbone, visant -40% d’émissions GES en 2030 et -75% en 2050 (par rapport à 1990). L’objectif pour l’agriculture française ? Une réduction de -12% de ses émissions d’ici 2028.

Quel impact pour le secteur agricole ?

A l’horizon 2035, le scénario affiché ne modifie pas les déterminants structurels de la ferme France (préservation de l’élevage et d’un assolement à dominante céréalière) mais l’évolution des pratiques agricoles devra intégrer une chasse au gaspillage :

  • diminution de l’élevage d’animaux improductifs
  • limitation des achats d’intrants
  • augmentation du stockage du carbone dans le sol

L’agriculture sera ainsi un acteur important de ce défi climatique.

Anticiper les évolutions climatiques

Le secteur agricole va subir de plein fouet les évolutions du climat, qu’il devra anticiper dans la conduite des cultures :

  • Évolution du régime hydrique :
    • une augmentation de la pluie en automne et en hiver
    • des durées sans précipitation plus longues au printemps et l’été
    • des  journées à plus fort cumul de précipitations tout au long de l’année
  • Évolution des températures :
    • moins de gel hivernal avec, en conséquence, peu d’arrêt de la pousse
    • des températures maximales plus élevées

L’agriculture, porteuse de solutions pour l’avenir

Le secteur agricole sera acteur de solutions face à ce défi climatique.
L’agriculture pourra demain produire de l’énergie renouvelable via la méthanisation, la mise à disposition des bâtiments pour produire du photovoltaïque ou du solaire thermique, ou encore via la mise à disposition de parcelles pour l’éolien.

Les sols devront aussi stocker plus de carbone : c’est l’objectif du programme 4 pour 1000 proposé par la France lors de la COP21 il y a deux ans.

Adapter la conduite des cultures

Le changement climatique nécessite une adaptation de la gestion des cultures :

  • la mise à herbe devra être plus précoce de 8 à 10 jours, pour ne pas se laisser dépasser par la pousse de l’herbe au printemps
  • l’absence de pousse l’été sera compensée par les pousses d’automne et d’hiver
  • les semis de maïs devront être avancés de 7 à 10 jours
  • les risques d’échaudage sur céréales seront plus nombreux

Cette adaptation de la conduite des cultures, les agriculteurs y feront face, comme à chaque fois qu’ils ont dû revoir leur système de production, mais les Conférences sur le Climat et les mesures qui en découlent les mènent plus loin.

Il s’agit d’opportunités nouvelles pour l’agriculture : en tant qu’exploitant, vous pouvez dès aujourd’hui diversifier votre activité en devenant producteurs d’énergies renouvelables ou acteurs d’un stockage de carbone dans les sols qui – peut-être – demain pourront être rémunérateurs.

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